Centre Chorégraphique National de Créteil

Parcours de la Compagnie Käfig

De 1996 à aujourd’hui

Depuis 1996, 25 créations ont été présentées dans plus de 700 villes. En 20 ans, la compagnie Käfig a donné plus de 2600 représentations dans 61 pays et devant plus d’1 million de spectateurs. En moyenne 140 représentations par an à travers le monde rythment la vie de la compagnie. Actuellement, 5 spectacles sont en tournée.

Le chorégraphe Mourad Merzouki, figure du mouvement hip-hop depuis le début des années 1990, inscrit son travail au carrefour de multiples disciplines. Autour de la danse hip-hop explorée dans tous ses styles, se greffent le cirque et les arts martiaux, ou encore les arts plastiques, la vidéo et la musique live. Sans perdre de vue les racines du mouvement, ses origines sociales et géographiques, cette confrontation permet d’ouvrir de nouveaux horizons à la danse et dégage des points de vue inédits.

En 1994, le spectacle Athina , co-signé de sa première Compagnie Accrorap, est remarqué par le public et les professionnels.

Son premier spectacle signé en son nom, Käfig , voit le jour en 1996 aux Rencontres Urbaines de la Villette à Paris . Sur le plateau bordé par un filet, un danseur hip-hop et une interprète contemporaine se défient pour mieux dialoguer. Le ton est donné : le hip-hop étend son territoire d’expression sans perdre de vue son histoire.

La Maison de la Danse de Lyon , alors dirigée par Guy Darmet, soutient le projet et accompagne depuis la plupart des productions de la Compagnie Käfig. Cette même année, à son invitation, Mourad Merzouki signe le défilé « De Saint-Priest à Rio » pour la Biennale de la Danse de Lyon.

Deux ans après, Récital , dialogue insolite entre six danseurs, un musicien et l’image du concert de musique classique, met la compagnie sur orbite. Mourad Merzouki suspend une grappe de violons au-dessus du plateau et fait danser un orchestre inédit d’instrumentistes. Une tournée internationale à travers 40 pays fait connaître la Compagnie Käfig dans le monde entier.

De la coopération avec le chorégraphe sud-africain Jay Pather est né en 2000 en Afrique du Sud, le spectacle Pas à Pas , mélange détonnant entre hip-hop et danses traditionnelles zoulous.

En 2001, Dix Versions , également créée à la Maison de la Danse de Lyon, cisèle la singularité hip-hop de sept interprètes dont le danseur new-yorkais Klown. La pièce est programmée au prestigieux Jacob’s Pillow Festival de Berkshire, aux États-Unis. Dix Versionsvalorise l’écriture et la prouesse hip-hop par des ronds de lumières isolant chaque danseur dans son originalité artistique, qu’elle soit acrobatique ou proche des arts martiaux. Le spectacle est inscrit dans un environnement plastique décalé. Des objets géométriques sont déplacés dans l’espace par les danseurs, activant un jeu vivant de formes et d’énergies. Dix Versions confirme la veine esthétique vers laquelle s’oriente Mourad Merzouki.

En 2002, il signe la chorégraphie de la fable de La Fontaine Le Chêne et le Roseau , destinée au jeune public, dans le cadre du projet piloté par La Petite Fabrique - Annie Sellem. La pièce sera jouée plus de 500 fois à travers le monde.

Pour l’Année de l’Algérie en France en 2003, il retrouve Kader Attou pour créer Mekech Mouchkin - Y’a pas de problème avec des danseurs algérois.

En 2004, Corps est graphique joue sur une distribution équilibrée entre interprètes masculins et féminins. Mêlant calligraphie, vidéo et danse, auxquelles s’ajoute une note d’humour, ce spectacle revisite les codes de la séduction. La danse s’écrit et se construit à travers la transformation des corps, quelle que soit leur identité.

A partir de 2005, la Compagnie bénéficie d’une résidence à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône. Elle y répète Terrain Vague , qui plonge dans l’enfance du chorégraphe, dans un no man’s land fantasmé. Pour cette création présentée en janvier 2006, Mourad Merzouki raconte une histoire, son histoire. Dans un espace ludique, coloré, ouvert à tous les possibles, les artistes − danseurs, comédiens, circassiens − rivalisent d’audace et de virtuosité. Un spectacle éclectique pour un voyage visuel, sensoriel, chorégraphique et musical d’une vitalité débordante.

Avec Tricôté en 2008, Mourad Merzouki dévoile les coulisses d’un spectacle. Sur la musique de AS’N, collaborateur artistique fidèle, cette pièce tout public décline toutes les étapes d’une création, des auditions jusqu’à la représentation.

Mourad Merzouki est « artiste invité » de la Biennale de la Danse de Lyon 2008 . Il y présente Agwa , une création avec onze danseurs brésiliens. La pièce est placée sous le signe de l’eau, à la fois composant essentiel de notre corps, ressource naturelle précieuse, vitale même, que l’on se doit d’économiser et de préserver, et symbole de renouveau.

Pour cette édition, il met également en scène le défilé, grand rendez-vous participatif de la Biennale : Les Pointillés tirent un fil rouge entre les 18 villes participantes au Défilé, sur le thème « Légendes d’Avenir ». Mourad Merzouki signe la direction artistique du défilé de la ville de Bron depuis 2006 et ce jusqu’à aujourd’hui.

Entre janvier 2006 et juin 2009, la Compagnie Käfig est en résidence à l’Espace Albert Camus de Bron . Cette implantation lie le théâtre avec le Festival Karavel , créé en 2007 par Mourad Merzouki et dans lequel il programme une quinzaine de compagnies hip-hop et d’autres actions dans la ville.

En 2009, Pôle Pik , nouveau lieu de création et de développement chorégraphique dédié à la danse hip-hop , ouvre ses portes à Bron, dans l’est lyonnais. La création de ce lieu, que Mourad Merzouki a porté pendant presque dix ans et dont il assume aujourd’hui la direction, permet de poursuivre et développer la diffusion de la danse hip-hop en l’ouvrant sur d’autres langages artistiques. Le projet se définit autour de trois axes : le soutien à la création et à la diffusion chorégraphique ; la transmission et la formation des amateurs et des professionnels, dont « Kampus » est le projet phare ; la mise en synergie d’équipes artistiques et d’un territoire autour de la culture hip-hop.

En juin 2009, Mourad Merzouki est nommé Directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne. Il y développe un projet artistique inscrivant la danse comme fenêtre ouverte sur le monde : création et diffusion des spectacles de la Compagnie, soutien aux équipes indépendantes et aux compagnies émergentes, formation et sensibilisation à la danse hip-hop en créant des rencontres originales qui favorisent l’accès à l’art chorégraphique sont les missions qu’il y défend.

En 2010, Mourad Merzouki crée Correria , second volet présenté conjointement à Agwa , qui plonge le spectateur dans une course trépidante, frénétique, comme celle qui rythme nos vies. Le spectacle fait le tour du monde : Japon, Corée, Canada, États-Unis, Europe, Australie...

La même année, pour la 14ème Biennale de la Danse de Lyon, le chorégraphe présente Boxe Boxe , création qui lui permet de renouer avec les arts martiaux, sa formation initiale. Cette pièce est aussi l’opportunité d’explorer de nouveaux territoires de recherches en s’entourant sur scène du quatuor à cordes Debussy.

En mars 2011, dans le cadre des prestigieuses « Nocturnes » au Louvre, la Compagnie Käfig prend part aux soirées intitulées « Combat ». Mourad Merzouki imagine des chorégraphies en écho aux sculptures, adaptées du spectacleBoxe Boxe.

En 2012 deux nouvelles créations viennent enrichir le répertoire :

Yo Gee Ti  : cette pièce franco-taïwanaise issue d’une collaboration avec le National Chiang Kai-Shek Cultural Center est présentée en mars 2012 à Taipei et en première européenne en juin 2012 dans le cadre du Festival Montpellier Danse, pour lequel Mourad Merzouki a été nommé artiste associé.

Käfig Brasil  : la pièce est créée au Festival Montpellier Danse 2012 et signe le retour des danseurs brésiliens de Correria Agwa . Pour cette création, Mourad Merzouki invite plusieurs chorégraphes français et brésiliens, faisant se rejoindre ses amitiés artistiques.

En juin 2012, il investit les salles du Musée des Beaux-Arts de Lyon et renouvelle l’expérience du dialogue entre la danse et les œuvres.

En septembre 2012, Mourad Merzouki assume aux côtés de Dominique Hervieu la codirection artistique du Défilé de la Biennale de la Danse de Lyon .

L’année 2013 marque la première édition du Festival Kalypso en Île-de-France, véritable vitrine de la création chorégraphique hip-hop contemporaine. Le festival accueille une vingtaine de compagnies dans plusieurs lieux franciliens et réunit un public large autour de nombreuses rencontres, ateliers, master-class, battle, etc.

En 2014, Mourad Merzouki reprend les chemins de la création avec Pixel . Pour ce projet, le chorégraphe fait appel à la Compagnie Adrien M / Claire B et s’oriente vers les arts numériques. Par le biais de projections lumineuses qui accompagnent les mouvements des danseurs, il trouve un subtil équilibre entre réel et virtuel, énergie et poésie,fiction et prouesse technique, et créé un spectacle à la croisée des arts.

Mourad Merzouki créé également 7Steps , pièce pour dix danseuses britanniques, finlandaises, danoises, hollandaises et belges. Au-delà de cette création, le projet 7STEPS alimente une réflexion d’envergure sur le renouvellement des formes et des générations de la danse hip-hop en Europe et permet d’inscrire le CCN dans un réseau institutionnel, associatif et artistique à l’échelle européenne.

Depuis 2009, un travail de transmission s’est engagé autour de l’œuvre Récital qui compte plus de 400 représentations. La pièce est alors transmise aux danseurs chinois de la Beijing Modern Dance Company, à des danseurs indiens lors d’une résidence à New Dehli en 2014 dans le cadre du festival « Bonjour India » et à l’automne 2015 auprès de jeunes danseurs colombiens à l’occasion de la Biennale de Danse de Cali. Elle est également transmise à 150 jeunes cristoliens lors d’ateliers tout au long de l’année, dont la restitution a lieu à l’occasion de Jour de Fête, évènement participatif à Créteil. Remontée pour 40 danseurs pour la Biennale de la Danse de Lyon en 2012, l’œuvre fait l’objet d’une tournée dans plusieurs villes françaises, dans le cadre du projet « Kampus » mis en œuvre par Pôle Pik. D’autre part, un projet de notation en système Laban est engagé sur la pièce : Récital est la première œuvre hip-hop à faire l’objet d’une notation.

Ces expériences, fortes et porteuses de symboles, montrent et démontrent que le hip-hop a atteint un niveau exemplaire de maturité et que la transmission de ses œuvres, telles que Récital, est une question fondamentale pour l’avenir de la danse.

COLLABORATIONS ARTISTIQUES

Parallèlement à ses créations, Mourad Merzouki est invité à collaborer avec de nombreux artistes, de tous horizons, contribuant ainsi au rayonnement international de la danse hip-hop et de la Compagnie Käfig.

En 1997, il collabore avec Josette Baïz pour Rendez-vous , une pièce chorégraphique qui réunit quatre danseuses contemporaines de la compagnie Place Blanche et quatre danseurs de la compagnie Käfig.

En 2000, il chorégraphie Le Cabaret Urbain pour huit comédiens et quatre danseurs, mis en scène par Amar de la compagnie Korbo et Filip Forgeau.

Claudia Stavisky, directrice artistique du Théâtre des Célestins de Lyon, invite Mourad Merzouki en 2004 à mettre en scène La Cuisine d’Arnold Wesker, puis L’Âge d’Or de Georges Feydeau, en 2005.

Côté cinéma, il participe en 2004 au premier long métrage de Marc Jolivet, Concours de Danse à Piriac . Il créé l’ensemble des scènes de danse, chorégraphiant pour des comédiens toutes générations confondues, comme Ginette Garcin.

Il crée également en 2007 la chorégraphie des Quatre Saisons avec le duo de patineurs artistiques Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat.

En 2009, Mourad Merzouki met en scène la création iD ., avec Jeannot Painchaud, production du Cirque Eloize dont la première mondiale a eu lieu à Incheon, en Corée.

Dans le même temps, il créé Des Chaussées pour les danseurs du Junior Ballet contemporain du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP).

En janvier 2012, Mourad Merzouki est invité par Olivier Meyer pour la 20ème édition du Festival Suresnes Cités Danse, aux côtés de Kader Attou, Sébastien Lefrançois et José Montalvo. Une soirée anniversaire a mis à l’honneur des extraits de créations des chorégraphes, dont Boxe Boxe.

Fin 2013, Mourad Merzouki collabore avec la compagnie Norma Claire dans le cadre du 9ème Festival Rencontres de danses métisses en Guyane, pour des ateliers de création et de transmission auprès de jeunes danseurs traditionnels amérindiens du village d’Awala-Yalimapo.

En 2015, il signe la mise en piste du spectacle de Noël de l’Académie Fratellini avec la reprise de Terrain Vague adaptée à l’espace circulaire du chapiteau.

LES CRÉATIONS

1994 ATHINA (co-créé au sein de la Compagnie Accrorap)

1996 KÄFIG

1997 GÉNÉRATION HIP-HOP

1997 RENDEZ-VOUS (co-créé avec la Compagnie Place Blanche − Josette Baïz)

1998 RÉCITAL

2000 PAS A PAS

2001 DIX VERSIONS

2002 LE CHÊNE ET LE ROSEAU

2003 MEKECH MOUCHKIN - Y’A PAS DE PROBLÈME

2003 CORPS EST GRAPHIQUE

2004 LA CUISINE (co-créé avec Claudia Stavisky − Théâtre des Célestins)

2005 L’ADAPTÉ

2005 L’AGE D’OR (co-créé avec Claudia Stavisky − Théâtre des Célestins)

2006 TERRAIN VAGUE

2007 LES QUATRE SAISONS (pour un duo de patineurs)

2008 TRICÔTÉ

2008 AGWA

2009 ID (co-créé avec le Cirque Eloïze − Jeannot Painchaud)

2009 DES CHAUSSÉES

2010 CORRERIA

2010 BOXE BOXE

2012 YO GEE TI

2012 KÄFIG BRASIL

2014 7STEPS

2014 PIXEL